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La cuisine argentine, c’est d’abord une culture du partage : le grand barbecue du dimanche, les empanadas qu’on commande par douzaines, le mate qui passe de main en main. Héritière des traditions des gauchos, de l’immigration italienne et espagnole et des saveurs des Andes, elle surprend par sa générosité et sa diversité régionale. Voici ce qu’il faut goûter, comment s’y retrouver à table et quelques règles pour manger comme un local.
À retenir :
- L’asado est un rituel social autant qu’un plat : prenez le temps
- Les empanadas changent de recette d’une province à l’autre
- On dîne tard, souvent à partir de 21 h
- Pensez au « cubierto » et au pourboire d’environ 10 %
L’asado et la parrilla : le cœur de la cuisine argentine
L’asado désigne à la fois la technique, la viande grillée et la réunion entre amis ou en famille. La viande, surtout du bœuf élevé à l’herbe dans les plaines de la pampa, cuit lentement sur la braise ou au feu de bois, avec peu d’assaisonnement : du gros sel suffit. Le restaurant spécialisé s’appelle une parrilla, du nom du gril lui-même.
À la carte, vous croiserez quelques coupes qu’il vaut mieux connaître avant de commander :
- Bife de chorizo : un morceau tendre et savoureux, proche du faux-filet
- Ojo de bife : le cœur de l’entrecôte, très fondant
- Entraña : la bavette, goûteuse et juteuse
- Vacío : un morceau du flanc, cuit longtemps, moelleux
- Tira de asado : les côtes coupées en travers, très appréciées en grillade familiale
La cuisson se précise souvent par un vocabulaire à part. Sans consigne, la viande arrive généralement bien cuite : demandez « jugoso » pour une cuisson saignante à point, « a punto » pour une cuisson à point, « vuelta y vuelta » pour une viande à peine saisie. Une parrillada, assortiment de viandes et d’abats grillés servi sur un petit brasero, se partage à deux ou plus.
Avant la viande, on sert souvent de la provoleta (fromage fondu au gril), des chorizos et parfois des boudins. Le chimichurri, sauce d’ail, de persil, d’huile et de vinaigre, accompagne la viande, tandis que la salade mixte et les frites complètent l’assiette. Un conseil : ne commandez pas trop, les portions sont souvent généreuses.
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Empanadas, locro et plats du Nord-Ouest

Les empanadas sont des petits chaussons fourrés, cuits au four ou frits. La garniture la plus courante est la viande de bœuf coupée au couteau, mais on trouve aussi le poulet, le jambon-fromage, le maïs ou les légumes. Chaque province défend sa version : dans le Nord-Ouest, notamment autour de Salta et de Tucumán, elles sont réputées pour leur farce épicée et juteuse, et leur pliage particulier, le « repulgue », sert à reconnaître la garniture.
Dans cette même région andine, les plats traditionnels puisent dans l’héritage précolombien. Le locro, ragoût épais de maïs, de haricots, de viande et de légumes, est le plat des fêtes patriotiques, en particulier le 25 mai et le 9 juillet. La humita, pâte de maïs tendre cuite dans la feuille, et le tamal en sont des cousins proches. On les déguste dans les marchés, les peñas (lieux de musique folklorique) et les restaurants de la région.
Si vous visitez cette zone, notre guide sur Salta et la quebrada de Humahuaca vous aidera à organiser votre séjour autour de ces saveurs. Le vin n’est pas en reste : les vignobles d’altitude de la région de Cafayate produisent le torrontés, un blanc aromatique que l’on associe très bien à ces plats épicés.
Buenos Aires : pizzas, pâtes et influences italiennes

Les vagues d’immigration italienne de la fin du XIXe et du début du XXe siècle ont profondément marqué la table argentine. À Buenos Aires, la pizza est une institution : la version épaisse, généreusement garnie de fromage, a son style propre. La fugazzeta, pizza farcie au fromage et aux oignons, est une spécialité locale. Les pâtes fraîches, les ravioli et les gnocchis sont aussi au menu, traditionnellement le 29 de chaque mois, quand on mange des gnocchis.
La milanesa, escalope panée qui se décline à la napolitaine (jambon, sauce tomate et fromage), est un autre classique des restaurants du quotidien. Pour manger sur le pouce, le choripán, sandwich de chorizo grillé dans du pain, se déguste dans la rue et dans les parcs, souvent avec du chimichurri.
Pour la partie douce, la glace à l’italienne, ou « helado », est excellente et souvent artisanale. Les cafés historiques de la capitale servent le café accompagné de medialunas, petits croissants légèrement sucrés. C’est le petit-déjeuner typique, ou le goûter de la fin d’après-midi.
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Mate, café et boissons à découvrir
Le mate est bien plus qu’une boisson : c’est un geste de convivialité. Cette infusion d’herbe de yerba mate se boit dans une calebasse avec une paille métallique, la bombilla. Une seule personne, le « cebador », prépare et sert, et le récipient circule dans le groupe. Quelques règles de savoir-vivre : on ne remue pas la bombilla, on boit tout avant de rendre le mate, et on dit « merci » seulement quand on ne veut plus en boire.
Du côté des boissons alcoolisées, l’Argentine est l’un des grands pays du vin. Le malbec est le cépage emblématique, particulièrement à Mendoza ; pour organiser une route du vin, consultez notre guide sur Mendoza et ses vignobles. Le fernet mélangé à du cola est devenu le long drink national, associé à la ville de Córdoba. La bière artisanale a aussi le vent en poupe dans de nombreuses villes.
Enfin, impossible de parler d’Argentine sans évoquer le dulce de leche. Cette confiture de lait épaisse garnit les crêpes, les gâteaux, les glaces et surtout les alfajores, biscuits fourrés souvent enrobés de chocolat ou de noix de coco. C’est le souvenir gourmand idéal à rapporter, facile à transporter et très apprécié des proches.
Comment manger au restaurant : horaires, addition et bons réflexes
Les habitudes locales peuvent déstabiliser au début. Le déjeuner se prend plutôt tard dans la journée et le dîner encore plus : de nombreux restaurants ne se remplissent qu’à partir de 21 h. Si vous avez faim plus tôt, les cafés et les confiteries servent des sandwichs, des tostados (croque-monsieur) et des pâtisseries toute la journée.
Sur l’addition, vous trouverez souvent une ligne « cubierto », qui correspond au couvert et au pain. Le service n’est généralement pas inclus : un pourboire d’environ 10 % est d’usage. Pour payer, gardez toujours un peu d’espèces. Les conditions de change et les moyens de paiement évoluent régulièrement, aussi est-il utile de vous renseigner avant le départ sur la meilleure façon d’obtenir des pesos.
Quelques conseils pratiques :
- Réservez pour les parrillas les plus réputées, surtout le week-end
- Demandez la cuisson de la viande : elle est souvent plus cuite qu’en France
- Partagez les plats : les portions sont copieuses
- Goûtez un plat régional à chaque étape du voyage
- Si vous avez un régime particulier, prévenez le serveur en espagnol : « soy vegetariano/a » ou « soy celíaco/a »
Où manger selon votre itinéraire
Votre parcours conditionne vos repas. À Buenos Aires, alternez les parrillas de quartier, les pizzerias et les cafés historiques. Dans le Nord-Ouest, privilégiez les marchés, les empanadas et le locro. À Mendoza, réservez un déjeuner dans un domaine viticole. Près des chutes d’Iguazú, vous goûterez des poissons d’eau douce et des plats à base de manioc, ingrédient typique de la région de Misiones. Pour combiner tous ces arrêts, notre itinéraire de deux semaines en Argentine propose un enchaînement réaliste.
Pensez aussi à la saison : les produits, la fréquentation des restaurants et les ambiances varient. Notre article quand partir en Argentine vous aidera à choisir la période qui convient à votre appétit.
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Conclusion
Manger en Argentine, c’est accepter de ralentir : s’attabler tard, partager une parrillada, laisser circuler le mate. En variant les régions et les plats, vous découvrirez un pays dont la table est aussi riche que les paysages. Et si votre voyage commence à Buenos Aires, vous y trouverez déjà un bel échantillon de tout ce qu’offre la gastronomie argentine.
Questions fréquentes
Que faut-il absolument goûter en Argentine ?
L'asado (grillades au feu de bois ou à la braise), les empanadas, le dulce de leche et les alfajores sont les incontournables. Selon la région, ajoutez le locro dans le Nord-Ouest, les pâtes et les pizzas à Buenos Aires, et un verre de malbec à Mendoza.
À quelle heure dîne-t-on en Argentine ?
Tard. Les restaurants ouvrent souvent leur salle du soir vers 20 h et les Argentins dînent fréquemment à partir de 21 h ou 22 h, parfois plus tard dans les grandes villes. Les horaires varient selon les établissements et les régions.
Faut-il laisser un pourboire au restaurant ?
Le service n'est généralement pas inclus dans l'addition. Il est d'usage de laisser environ 10 % en espèces ou de le préciser à l'avance si vous payez par carte. Vérifiez aussi la ligne « cubierto », un couvert facturé pour le pain et la table.
Peut-on manger végétarien en Argentine ?
C'est possible mais la viande domine la carte. Les villes comptent de plus en plus d'adresses végétariennes, et l'on trouve partout des empanadas au fromage, des pizzas, des pâtes, des salades et des légumes grillés. Dans les zones rurales, le choix est plus restreint.
L'eau du robinet est-elle potable ?
Dans les grandes villes comme Buenos Aires, l'eau du robinet est généralement considérée comme potable, mais les voyageurs sensibles ou ceux qui se rendent dans des zones isolées préfèrent souvent l'eau en bouteille. Renseignez-vous auprès de votre hébergement.